Eglise romane
  • L’église

Prieuré L’église de Champdieu est placée sous le patronage de saint Sébastien auquel s’ajoute celui de saint Domnin, à partir du XIIème siècle, lorsqu’une partie de ses reliques sont accueillies dans la crypte.

L’église de Champdieu cumulait ainsi les fonctions : église prieurale d’une part, mais également église de pèlerinage et église paroissiale à l’usage des villageois.

Sa construction s’étale du XIème siècle, pour sa partie orientale, au XVIème siècle pour les ajouts de la chapelle gothique et du clocher occidental.

  • Une église de pèlerinage

Porche La présence de reliques détermine la circulation à l’intérieur de l’église, symbole du chemin du pèlerin jusqu’à la purification.

Depuis le porche, le pèlerin avance par le bas-côté nord, symboliquement le côté du Mal, jusqu’à la crypte où s’effectue la purification face aux reliques.
Il ressort ensuite par le bas-côté sud symbole, par opposition, du Bien. Certains chapiteaux illustrent les étapes de cette purification.

  • Le portail Sirène bifide

Très sobre, sans tympan sculpté, il est, comme le reste de l’église, influencé par l’art roman auvergnat.

Il se compose de trois arcs superposés : arc en cordon de billettes, arc de crosses et arc en boudin. Ils reposent sur deux chapiteaux marquant le début et la fin du pèlerinage : à gauche la sirène bifide (deux queues), symbolise la tentation et la dualité entre le Bien et le Mal, à droite, le chapiteau à palmes d’acanthe, représente la victoire du Bien sur le Mal.

Au nord du portail, la première entrée, comblée, du monastère.

  • L’intérieur de l’église Intérieur de l'église depuis la Chapelle St Michel

L’église se compose de trois nefs. La nef centrale est couverte d’une voûte en berceau sans arc de décharge, prouesse technique en ce début de XIIème siècle. Les bas-côtés présentent des voûtes en demi berceau portées par des arcs doubleaux.

Le transept est surmonté d’une coupole, symbole du monde divin, par opposition au monde terrestre représenté par la forme carrée que dessine au sol la croisée du transept.

Le chœur, réservé aux moines, se compose d’une abside centrale flanquée de deux absidioles, le tout relié par un couloir de circulation. Ce plan est repris à l’identique dans la crypte semi-enterrée.

  • Les chapiteaux

Chapiteau "les sirènes" La majorité des chapiteaux décoratifs sont corinthisants, ornés de végétaux. Ceux de la crypte et du chœur, plus anciens (XIème), sont moins diversifiés que ceux des trois nefs.

S’ajoutent également des chapiteaux plus symboliques : les sirènes (danger de la tentation) (porche, bas-côtés nord et sud), les griffons affrontés buvant dans un calice (eucharistie) (transept nord), les entrelacs (éternité) (crypte,) les atlantes (force) (bas-côté sud) ou encore la Jérusalem céleste (paradis) (bas côté sud).

Griffon : animaux fantastiques moitié lion, moitié oiseau

Atlante : homme dont les bras levés semblent supporter le haut du chapiteau Griffons Atlante

  • Le mobilier religieux

L’église possède de nombreuses statues de saints dont saint Isidore patron des laboureurs et saint Vincent patron des vignerons, deux personnages très souvent représentés dans les églises rurales de la région.

Cuve Adam et Eve A noter aussi la présence de deux cuves sculptées des Xème et XIIème siècles. La plus récente figure des scènes de la Genèse et de l’Apocalypse, l’autre représente un orant (personnage représenté en prière).

A l’entrée de l’église se trouvent également des fonts baptismaux datant du XVIIIème siècle et figurant trois scènes de la Genèse : la tentation, le jugement et Adam et Eve chassés du Paradis.

  • La crypte

Cette crypte semi-enterrée a accueilli dans son abside principale les reliques de saint Domnin d’Avrillé, jeune juif converti au christianisme qui fut martyrisé à l’âge de 10 ans sous l’empereur Dioclétien. Ces reliques, reçues en 1143, furent disposées dans le caveau central et conservées jusqu’à la Révolution où on perdit leur trace.

La Crypte L’abside principale comporte 18 colonnes dont les fûts sont des remplois gallo-romains. Les chapiteaux du XI° siècle présentent presque uniquement des motifs d’acanthe.

La statue disposée sur l’autel figure la Vierge Marie enfant portant une couronne d’étoiles, dans des langes sanglées (XIXème).

  • Les clochers

L’église compte 2 clochers. Leurs couvertures plates et leurs bases rectangulaires sont caractéristiques des clochers foréziens.

Le clocher oriental, du XIIème siècle, est aussi influencé par l’art roman auvergnat. Il est composé sur trois faces de doubles arcatures géminées soutenues par des colonnettes aux chapiteaux sculptés.

Le clocher occidental, du XVIème siècle, est le seul à contenir des cloches, d’où la présence d’abat-sons au niveau des baies.

Eglise clocher Ouest Eglise clocher Roman