Le Prieuré Bénédictin
  • L’ensemble prieural

C’est autour de l’an Mil qu’un groupe de moines bénédictins s’installe à Champdieu, vraisemblablement suite à une donation pieuse.
Ces moines auvergnats et leur prieur vont faire édifier l’ensemble église-prieuré actuellement conservé.
Les travaux débutent au XIème siècle par la partie orientale de l’église. Les trois ailes des bâtiments monastiques sont également mises en place autour du cloître, au nord.

  • L’organisation du prieuré

Un prieuré est un monastère dépendant d’une abbaye. Il est dirigé par un prieur.
A Champdieu, le nombre de moines était restreint. Il varie au fil des siècles : de 1 ou 2 moines jusqu’à une douzaine.
A noter que dans le cas particulier de Champdieu, le prieur, seigneur ecclésiastique est également seigneur laïc. Il jouit ainsi de tous les privilèges et devoirs de ce double statut.

  • Un prieuré fortifié

L’église et le prieuré sont fortifiés, aux XIVème et XVème siècles, à l’aide de plusieurs éléments défensifs : des mâchicoulis posés sur les contreforts préexistants sur l’ensemble du pourtour des bâtiments, une échauguette à l’angle nord-ouest, une grosse tour ronde protégeant la première entrée comblée du cloître et un chemin de ronde.
De tels attributs militaires peuvent paraître incongrus sur un édifice religieux mais s’expliquent par la double fonction du prieur qui était également seigneur. Lors de la fortification du village, il a fait protéger son lieu d’habitation tel un château, pour symboliser son pouvoir seigneurial.

Lors de la fortification du prieuré, l’entrée principale, à proximité du portail de l’église, est comblée car elle représente un point faible dans le système défensif. Dès lors l’accès au cloître se fait uniquement par l’entrée de service située dans la basse-cour (actuelle Impasse du Prieuré).
Au début du XVIème siècle, ce passage est magnifié d’un plafond à caissons par le prieur Pierre de la Bâtie lors de sa campagne d’embellissement du prieuré. Il se retrouve à l’identique dans le réfectoire.

  • Le cloître Cloître

Le prieuré s’organise autour d’une cour centrale entourée de 4 galeries : le cloître. A l’intérieur de cette cour, un puits sert à la vie quotidienne et aux ablutions des moines.
Une galerie dessert les 3 corps de bâtiment. Ainsi jusqu’au XVIème siècle où sont construites 2 tourelles contenant des escaliers à vis, la circulation entre les différents espaces se fait exclusivement par l’extérieur… et ce nuit et jour, par tous les temps !

  • Le rez-de-chaussée

Au rez-de-chaussée se trouve, à l’ouest : le réfectoire, communicant avec les cuisines situées à l’angle nord-ouest. Aujourd’hui le passage ne se fait plus du fait de diverses modifications architecturales. Après les cuisines, dans l’aile nord, se trouvent les fours seigneuriaux loués aux villageois contre un impôt.
De l’autre côté du porche, un grand cellier termine l’aile nord. Peu de renseignements sur l’aile est, effondrée après la révolution nous sont parvenus. Cependant, il est probable qu’elle ait contenu la salle capitulaire, lieu d’assemblée.

  • Le réfectoire Fresque du réfectoire

Dans cette salle les moines se retrouvent pour manger, en silence et en écoutant le lecteur de la semaine réciter les textes saints. Cette pièce pouvait également accueillir des hôtes de passage et de marque et fut la plus décorée du monastère.
Plusieurs de ces ornements sont conservés aujourd’hui : un bandeau de fresques à motifs géométriques (XIIIème), une fresque au-dessus de la cheminée représentant la Cène (XVème), un plafond à caissons et de grandes baies à meneaux.

  • L’étage

L’aile occidentale comprenait à l’étage la chambre du prieur communicant avec une grande salle d’audience dont la cheminée est ornée du blason de Pierre de la Bâtie.
L’étage de l’aile nord était entièrement occupé par le dortoir des moines. A l’origine pièce commune comme le veut la Règle bénédictine, il fut vraisemblablement divisé en cellules particulières à partir du XVème siècle.
Le deuxième étage devait contenir une série de pièces servant à entreposer des denrées, fruit de la culture des différentes terres du prieuré et des levées d’impôts.